« Entre chien et loup » un roman sur l’enfance tout en poésie.

Roman:Entre chien et loup de Arlette Béal éditions Les Presses du Midi

Roman:Entre chien et loup de Arlette Béal éditions Les Presses du Midi

 

 

I Les jardins des dieux

 

 

C’étaient des marronniers,

rubans roses, rubans blancs.

Ils jouaient derrière les rideaux,

arcs-en-ciel et jets d’eau.

 

Magali : 6 ans, taille moyenne, cheveux châtain clair.

observations : quelconque et de santé fragile.

 

 

         Pour son sixième anniversaire, Magali était restée très sereine et pour cause. Elle avait été assez bête pour naître au cœur de l’été, c’était la période où son père travaillait le plus et où l’école était fermée. Pas de gros gâteau, pas d’enfant invité à la maison et… pas de cadeau. C’était vraiment frustrant, d’autant plus que pendant la période scolaire elle avait le plaisir de voir les autres enfants fêter les leurs, d’anniversaires !

         Dans un sens cela avait été une chance. Cet été était donc comme les autres. Courses le matin en ville ou promenade aux Jardins de la Fontaine avec Maman.   

_Mais où est donc passé Miqueu ? S’interrogeait Magali.

        

          Le marché n’intéressait pas Magali, mais alors pas du tout. Comment s’intéresser à un immense bâtiment dans lequel elle ne voyait rien que des cloisons grises de part et d’autre de longues allées ? Trop petite ! Résignée, elle gardait sa main sagement dans celle de sa maman car elle craignait d’être séparée d’elle en étant bousculée dans la cohue. À l’époque on lui aurait dit que ce marché était un des plus beaux de France, sûr, elle aurait levé les épaules.

        

         Les Jardins de la Fontaine, ça, c’était autre chose ! Les immenses grilles des jardins de monsieur Mareschal, ingénieur militaire du roi Louis XV, s’ouvraient sur une grande allée bordée de marronniers. Ceux-ci étaient bien plus vieux et imposants que Magali. Cette allée, au sable blanc, coupait les yeux au plein soleil de l’été. Partageant les jardins à la française, elle ouvrait la vue jusqu’au double escalier monumental d’un calcaire clair et mordant. Celui-ci donnait accès aux allées langoureuses qui ondulaient sous les ombrages frais du mont Cavalier pour atteindre, là-haut, la tour Magne.

         Mais, plutôt que de se porter sur l’infini du jardin, le regard de la fillette était d’entrée de jeu fixé sur les chars miniatures stationnés derrière les grilles. Ils étaient attelés à de jolis chevaux de bois, de couleurs tendres assorties à celles du char. Magali tirait alors tant qu’elle le pouvait sur la main de sa maman pour l’amener au plus près. Les autres attelages guidés par des enfants souriants et beaux comme des anges qui pédalaient à fond la caisse, viraient gracieusement sous les arbres. En franchissant le portail, elle avait le sentiment d’entrer au pays des contes d’Andersen, il ne lui manquait que la citrouille pour se rendre au bal du prince, à défaut, ces petits chars feraient largement l’affaire. Mais Maman l’entendait rarement de cette oreille et Magali qui n’avait pas encore saisi les lois du marché, ne comprenait pas : pourquoi eux… pourquoi pas moi ? Contrainte par la main ferme de Maman, elle poursuivait son chemin en marchant curieusement penchée à l’oblique et en crabe jusqu’à ce que la distance entre son désir et la réalité lui fasse comprendre combien cette dernière était dure et inébranlable. Alors, elle renonçait et s’intéressait de nouveau à la perspective. C’était vrai, qu’elle était agréable cette grande allée !

         Au printemps, les marronniers pleuraient des pétales roses et blancs qui couraient sur le sable blond à la moindre brise. À l’automne, ils déposaient un épais tapis de feuilles d’or au liseré d’un brun précieux. En été, ils offraient aux promeneurs assis sur les bancs de pierre bleutée par l’ombre un délicieux havre de fraîcheur sous leurs immenses jupons verts. La lumière tamisée    par leurs percales bruissant au moindre souffle d’air était un repos heureux.

         Comment une petite fille ne se serait-elle pas imaginée, Alice aux pays des Merveilles ou lilliputienne, quand rêvassant sur un de ces bancs, elle levait les yeux vers un de ces géants de marbre dressés sur des piédestaux ?

Retrouvez Magali en son royaume imaginaire dans « Entre chien et loup » édité aux Presses du Midi. http://www.lespressesdumidi.fr/index.php?option=com_virtuemart&page=shop.product_details&flypage=flypage.tpl&category_id=41&product_id=1203&Itemid=1

 

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A propos Arlette.Beal

Peintre, poète et auteur. Pastelliste aquarellistes. Vous pouvez voir sur mon blog, des peintures mais aussi des poèmes et les informations sur mes publications, mes salons du livre et mes expositions Deux carnets de voyage: "Rêveries aux Salins de Hyères", "Rêveries des cabanons et des vignes" un album pour enfant "Arnault, un amour d'épouvantail" ces livres sont édités par les Presses du Midi et bien d'autres projets.
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